…si tu aimes les pratiques sadomasochistes.

Un beau cadeau

A l’aube de mes 26 ans, j’avais organisé une petite fête avec ma joyeuse troupe d’amis accompagnée de gros son, tequila et tout le tintouin que cela entraîne comme quand on a 17 ans quoi, le risque d’avoir les flics au cul et la gueule de bois dévastatrice le lendemain en plus. Ces soirées qui finissent avec ce désir de niquer le système en beuglant du Saez, superposé avec la vallée de Dana hurlée à gorge déployée. Ces invités s’étaient motivés à me trouver un cadeau (c’est tout de même pour cette raison qu’ils sont invités, hein), et j’ai eu le plaisir de vivre la transition de « ma joyeuse troupe d’amis » à « ma joyeuse troupe de GROS BÂTARDS ». En effet, comme le titre l’indique, j’étais convié à aller découvrir La Suite des Aventures de la Reine des Neiges. La bonne blague, hein ? J’ai donc rigolé avec tout le monde, sans réussir à cacher mon malaise. Je n’avais pas vu le film. Quand on me dit « AH BAH COMME ÇA TU FERAS LA BISE A OLAF MDRRR », je demandais si Olaf était la blonde ou la brune. J’étais dans la merde.

Et tout seul.

Oui, une seule place était présente dans l’enveloppe, j’ai bien vérifié.

Au cinquième rang.

Au milieu.

Un dimanche après-midi.

De gros bâtards, je vous dis.

L’idée simple d’y aller par pure politesse me faisait froid dans le dos, et je suis rapidement passé de mon calendrier « J-XX avant Noël haha hihi » à mon calendrier « J-XX avant ce truc de merde putain fait chier ». Me retrouver au milieu de niards ma file de l’urticaire.

Ce dimanche 22 janvier, je pris mon courage à deux mains, et je fis le déplacement, vers la salle de spectacle avec l’enthousiasme d’un condamné à mort.

Libérez-moi, délivrez-moi

Arrivé à destination, je remarque que je suis le seul homme entre 6 et 33 ans, non-accompagné. Etonnant ? Pour moi, oui, je ne m’attendais pas être le seul à avoir une joyeuse troupe de gros bâtards, pardonnez mon innocence. Ou alors, j’étais le seul à avoir fait les choses jusqu’au bout. Rien d’étrange à ce que je sois fouillé deux fois, qu’on écarte les enfants à mon passage, qu’on change les places pour mieux m’encadrer, que les vigils me dévisagent. Le malaise = allégorie. Une maman à côté de moi commence à vouloir échanger pour cibler la psychologie du type d’1m86 qui gêne les gosses des trois rangs derrière. Je réponds tout en casant subtilement mais assez fortement le fait que je suis là car « mes potes m’ont fait un cadeau ahah ils sont cons, hein ? » 2 ou 3 fois. Je me rends compte que ça fait plus coupable qu’autre chose. Dans l’enceinte, les gosses courent partout, c’est un zoo, le plus terrible de tes cauchemars. La salle s’obscurcit, le spectacle commence. La Reine des Neiges fait son entrée avec sa mythique chanson… à un volume assez surprenant. En tout cas assez puissant pour surprendre et apeurer une dizaine d’enfants évacués par des parents en panique dans la salle, les oreilles en sang.

Des personnages qui fileraient des boutons aux Social Justice Warriors

L’histoire commence quelques années après la fin de la Reine des Neiges, je crois. De ce que j’ai compris, les personnages principaux sont la Reine des Neiges de son vrai nom Raiponce je crois, qui est amoureuse d’un prince BG mais ultra fragile parce qu’il est le fils du Printemps, rien que ça. Le dernier larron et le meilleur ami de Printemps-Man, un bucheron alcolico-sexiste qui fume 3 paquets de Marlboro par heure. Pour couronner le tout, les 3 loustics sont quelques fois accompagnés d’un truc mi-homme mi-bouquetin comme dans Hercule, qui ne sert strictement à rien dans l’histoire si ce n’est se faire blouser tout le long. Le roux de l’histoire. Concernant le bad guy, c’est l’enfant issu d’une partouze entre le Joker, Jim Carrey et Palpatine. Un mec méchant, mais super méchant tu vois. Il a des humains qui font office de chiens et des bitches comme sbires. Montre ça aux gosses. S’étant fait victimiser bien des années plus tôt, il est décidé à se venger en instaurant un hiver éternel. Nous, on s’en fout, on a des bonnets, et puis j’ai envie de te dire qu’avec la neige qui est tombée cet hiver dans les Alpes, ça ne nous ferait pas de mal vu le prix des forfaits, mais le fils du Printemps, lui couic. Du coup, tout le monde court lui péter la gueule. Il est tellement méchant que son apparition provoque l’ire des enfants, fous de rage, montant sur les chaises., balançant des bouteilles de Jacks et insultant des mères.

Lui : « Bonjour les enfants…

Les enfants (et moi) : OUUUUUUUUUH !!! (fdp)

Lui : Et si je vous disais que j’étais votre nouveau roi ?

Les enfants (et moi) : OUUUUUUUUH !!! (c’est ça ouais et nique-toi ouais)

Lui : Et si je vous disais que j’étais votre nouvel empereur ?

Les enfants (et moi) : OUUUUUUUH !!!  (baisse les yeux làààà baisse les yeuuuuux)

Lui : Et si je vous disais que j’étais votre nouveau dieu !

Les enfants (et moi) : OUUUUUUUUH !!! (eeeh ta mère boit du Sprite)

Lui : Et si je vous disais que j’étais supporter de l’Olympique de Marseille ! »

(oh putain)

Bah là les enfants n’ont pas capté, j’étais tout seul à le siffler et hurler AHOU AHOU, enculé de sardine, t’es chez nous ici, CHEZ NOUS, en lui lançant tous les gosses que j’avais sous la main à la gueule.

Car oui, tout au long du spectacle, de petites références étaient clairsemées pour faire aussi rire les parents et moi du coup. Petite vanne sur Pokemon Go, petite vanne sur Cristina Cordula, etc… C’était long.

Pour faire court, à la fin, le méchant se fait péfra, les gentils sont contents parce qu’ils ont gagné, ils chantent et dansent, la victoire du bien sur le mal, la morale c’est que faut pas être rancunier quand tu te fais hummilier quand t’es petit sinon les beaux dans la société ils te redéfoncent quand même. Sauf si t’es Sarkozy ou Valbuena. Voilà, je peux me casser, merci d’avoir lu cet article, à bientôt pour de nouvelles aventures malaisantes !

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